Ma passion pour l’écriture : est-ce que tout est écrit ?

Est-ce que cette appréciation notée en 1994, par mon professeur de français, sur un devoir de seconde était une prémonition ? Est-ce que le fait que la seule et unique trace que j’ai gardé de mes années d’études soit cette feuille précisément est un signe ?

Je ne saurais le dire… Ce qui est sûr, c’est que comme l’écrivait Jean-Paul Sartre : «J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres ». En primaire, j’étais une bonne élève mais assez turbulente et perturbatrice pour les autres. Je répondais à leur place sans y avoir été autorisée, je discutais, bref pour rétablir le calme sans avoir à faire trop de discipline, mes enseignants m’envoyaient régulièrement dans le coin bibliothèque au fond de la classe. Et là, je me régalais en compagnie des héros de « La bibliothèque Rose & Verte ». Nullement dérangée par ce qui pouvait bien se passer autour de moi, je suivais avec délectation les aventures de Fantomette, les 6 compagnons, le Club des 5… C’est de cette époque que date mon engouement pour les mots et ce qu’on peut leur faire dire.

Puis, je me mis moi-même à écrire pour le plaisir. Dans les années 90, comme beaucoup d’ados, je tenais mon journal intime dont le défi principal était de savoir où le cacher pour que personne ne le trouve. Et en classe de première, pour le bac de français, j’ai été subjuguée par les poèmes de Baudelaire et m’essayais à la rime. Lubie que je laissais bien vite tomber car à mon goût, cet art était trop minoritaire pour être partagé et discuté avec la classe et le sérieux qu’il mérite.

L’âge adulte me vit traverser une certaine errance professionnelle qui me conduisit à enchaîner les petits boulots nourriciers et les jobs précaires jusqu’à ce jour de septembre 2009. Je me rendais à la mairie de la ville de mon domicile pour assister au mariage d’une cousine. Dès mon entrée dans salle de cérémonie, l’adjoint aux associations qui connaissait mon « profil littéraire », me prit à part avec cette seule explication : « Faut que je te parle ». Enigmatique comme entrée en matière ! Les consentements des époux échangés, je m’esquivais pour savoir de quoi il en retournait. « Nous n’avons plus de correspond local sur la commune, il faut que tu postules au quotidien local ». Je ne m’en sentais absolument pas capable ! Mais après de nombreuses sollicitations du maire, je cédais et envoyais mon CV bien décidée à leur prouver que je ne serais pas retenue pour le poste. Erreur ! Deux mois plus tard, mon premier article était publié. Et cinq ans après, ça continue…

D’où ma question : est-ce que tout est écrit ? Est-ce qu’on a beau faire la sourde oreille à ce qui s’agite au fond de nous, ça finit toujours par nous rattraper et s’imposer à nous d’une manière ou d’une autre ?

Changement de millénaire, autre temps autres mœurs, l’univers des médias et la vie en général se googlise. 2014, dix-sept ans après la fin de mes études, je retournais en cours pour découvrir comment alimenter la « Bête » avide de toujours plus de contenus, abreuvée à grand renfort de liens hypertextes, de métadonnées, de web vidéos, de like… Je renouais avec les profs, les devoirs et les notes. Ma licence Mention Bien en poche, je suis à présent rédactrice web certifiée conforme par l’Institut de la Communication et des Médias de Grenoble.

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